Vie Insoumise et contres pouvoirs

La France insoumise a organisé un atelier des lois pour lutter contre l’habitat indigne le jeudi 7 février dernier à Marseille.

L’habitat indigne. Un sujet criant d’actualité dans cette ville qui a connu en novembre l’effondrement de deux immeubles rue d’Aubagne dans le quartier de Noailles. Cette tragédie a causé la mort de huit personnes et entraîné le délogement de plus de 2 000 habitants du centre-ville. Les habitants manifestent et expriment leur colère régulièrement dans Marseille, entre manifestations et déplacements au conseil municipal.

Le sujet est national : entre 900 000 et 1,3 millions de personnes vivent dans un habitat indigne, dans les 400 000 à 600 000 logements recensés. Après l’incendie du 25 décembre dernier à Saint-Denis en région parisienne, de nombreux habitants ont dénoncé l’insalubrité de l’immeuble.

Ce 7 février, une cinquantaine de personnes se sont réunies dans une salle des quartiers nord de Marseille. La France insoumise y organisait un atelier des lois. C’est un genre de réunions publiques qu’essaie de populariser LFI. L’objectif ? Écrire la loi avec les citoyens. Le mot d’ordre : à vous de faire la loi ! La méthode : l’éducation populaire qui permet à chacune et chacun de s’exprimer.

Dans une ambiance studieuse et conviviale, les Marseillais.es ont donc travaillé ensemble à l’élaboration d’un texte de loi. Le format est particulièrement apprécié, alternant discussions, travail en petit groupe et partage de propositions sous l’œil attentif de Gabriel Amard, orateur national de LFI et animateur de cet atelier des lois. Les participant.e.s ont également pu profiter de l’expertise de différents intervenants dont celle de Antoine Salles-Papou, co-rapporteur du livret thématique « Logement » de la France insoumise et Prune Helfter-Noah, haute fonctionnaire. Les échanges ont été riches et chacun a pu formuler ses doutes, ses certitudes et ses priorités pour lutter contre le logement indigne.

Après le travail en groupes de quatre par table, un débat mouvant est organisé. Chacun se lève. A chaque proposition, les participant.e.s se positionnent à gauche s’ils sont d’accord et à droite s’ils ne sont pas d’accord. Ensuite, l’objectif est d’aboutir à une proposition qui fait consensus. Cela suppose d’amender ses positions, d’avancer des mesures avec lesquelles le plus de monde peut être favorable. Chacun y va de son idée, de son amendement. Le débat mouvant assure que tous les avis sont entendus et pris en compte.

Attentifs à chaque proposition formulée, deux juristes, Raphaëlle Boudard - -Ly Van Tu et Elie Maillard sont chargés d’assister les participant.e.s et de retranscrire leurs suggestions dans un texte de loi. La seule consigne est d’en conserver l’authenticité. Un travail discret mais redoutablement efficace puisque le résultat de cet atelier se concrétise par la transmission d’une véritable proposition de loi.

C’est bientôt la fin. Les juristes font la lecture de la proposition de loi : interdiction de la location et obligation de rénovation d’un habitat indigne, saisie du montant des loyers en cas de sa mise en location, interdiction de l’expulsion pour loyer impayé, création du permis du louer … les articles à la tonalité sociale fusent. Le texte est adopté par l’assistance.

Diffusée sur la plate-forme numérique de la France Insoumise, elle sera transmise, après d’éventuels amendements par les internautes, au groupe parlementaire.

Une fierté collective que toutes et tous ont partagé autour d’un apéro et d’un couscous à la fin des travaux. « Ça a été très instructif et passionnant de participer à cet événement » témoigne Aïcha Mansouri, pour qui il s’agissait du premier exercice de ce style. Pour Pierre Leroux, militant insoumis, « cet atelier des lois démontre la force du collectif, ensemble nous avons été capable de produire un véritable texte de Loi ! »

Nombreux.ses sont celles et ceux qui attendent déjà le prochain.

Djenna Boualia