l'édito

Déconfiné-es mais toujours mobilisé.es !

Le Covid-19 et ses conséquences, sont au centre de ce nouveau numéro du Journal de l’insoumission, et ce pour plusieurs raisons. Outre le fait que nous traversons la plus grave crise sanitaire depuis plus d’un siècle, elle est, au-delà d’être un phénomène biologique, un phénomène social et politique.

Plus que jamais, ce krach sanitaire met en lumière les conséquences du modèle de développement capitaliste qui depuis plus de 30 ans exerce une hégémonie mondiale. Division du travail mondialisée, perte de souveraineté des Etats dans des productions pourtant stratégiques, application de préceptes de gestion privée aux services publics, remise en cause des capacités des Etats à agir au nom de la lutte contre la dette, destruction des systèmes de solidarité et des conquis sociaux, dérives autoritaires de nos régimes politiques, remise en cause des habitats naturels des animaux sauvages, réchauffement climatique et destruction de la biodiversité….

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à la une

A notre Dame des Landes, ce mercredi 17 janvier 2018, dans la grisaille de l’hiver et une attente fébrile, les jours mornes pesaient plus que d’habitude sur un demi-siècle de luttes, d’occupations et de mobilisations.

Un demi-siècle de certitudes, d’études et contre études de formules péremptoires soldé par l’aveu d’une défaite cinglante et lumineuse : On abandonne !

Jusqu’alors nous n’avions rien à commémorer le 17 janvier! On pourra désormais souligner ce jour la volte face du candidat qui s’affirmait le faiseur d’aéroport et la capitulation du Président et de son gouvernement devant le bon sens et la ténacité de la raison populaire et militante.

Désormais, nous pourrons dire que ce jour de 2018, des gens, agriculteurs, habitants, militants de l’environnement, idéalistes et faiseurs d’alternatives, zadistes, défenseurs de paysages et d’espaces naturels, de zone de cultures et d’un art de vivre ont gagné.

Il nous faut solennellement saluer ces héros, héroïnes anonymes, qui faisant fi des pressions, des intimidations, des menaces, des interpellations ont su résister et défendre une part de notre bien commun.

Il nous faut rendre justice à ces héros, héroïnes du quotidien, à ces habitants expropriés, à ces résistants retranchés, ces militants bénévoles et volontaires, à ces occupants d’un Zone à défendre pour avoir su nous interpeller, s’organiser, mobiliser plus largement, argumenter, défier l’état et ses représentants, tenir bon, ne rien lâcher.

Il nous faut remercier ces éclaireurs de nos consciences, qui une fois n’est pas coutume ont su défier la toute puissance des logiques économiques, les promoteurs et bétonneurs effrénés, les experts dévoyés, les politiciens entêtés et passéistes les intérêts singuliers, les majorités mal éclairées.

Cette victoire, c’est celle d’un monde meilleur, plus harmonieux, plus durable et respectueux de l’environnement et des générations à venir sur le court termisme, la mégalomanie, sur des projets seulement comptables des flux, sur l’étroitesse de la pensée du développement des territoires réduite aux prismes de l’économie marchande.

Cette heure de gloire attachée à cette morne plaine, ces forêts, ce bocage verdoyant et ces zones humides célèbre l‘insoumission, la résistance et un idéal écologique pour un développement durable.

Cette heure de gloire, nous devrions, Monsieur le Président, la dédier à tous ces hommes et toutes ces femmes plus méritants qu’un chansonnier. Ils sont nos héros, car sans en tirer un quelconque bénéfice, pour le bien commun aujourd’hui reconnu, ils ont su faire front, se lever, se soulever s’indigner et faire triompher la raison.

Cette victoire nous devrions la dédier à ce jeune militant Rémi Fraisse lui aussi engagé pour défendre une ZAD contre un projet et décédé tragiquement sous les violences d’un Etat méprisant l’engagement citoyen.

Il demeure d’autres ZAD, d’autre espaces sociaux, écologiques, d’autres zadistes, d’autres militants du bien commun du progrès social et écologique. Aussi, héros, héroïnes de notre Dame des Landes ce que vous nous avez apporté ce jour du 17 janvier 2018, c’est l’espoir.

Les horizons sont parfois lointains mais l’aube d’un monde meilleur se lève au fil des jours de nos luttes.

Alain Bidet

 

 

3,2

LE CHIFFRE DU MOIS

En France, en 2017, les émissions de CO2 ont augmenté de 3,2 % alors que l'augmentation moyenne en Europe n'était que de 1,8 %. Principale cause : les épisodes de sécheresse ont restreint la part des barrages hydroélectriques et du nucléaire (faute d'eau pour les refroidir) dans la production d'électricité au profit des centrales thermiques (gaz, charbon ...).