l'édito

Déconfiné-es mais toujours mobilisé.es !

Le Covid-19 et ses conséquences, sont au centre de ce nouveau numéro du Journal de l’insoumission, et ce pour plusieurs raisons. Outre le fait que nous traversons la plus grave crise sanitaire depuis plus d’un siècle, elle est, au-delà d’être un phénomène biologique, un phénomène social et politique.

Plus que jamais, ce krach sanitaire met en lumière les conséquences du modèle de développement capitaliste qui depuis plus de 30 ans exerce une hégémonie mondiale. Division du travail mondialisée, perte de souveraineté des Etats dans des productions pourtant stratégiques, application de préceptes de gestion privée aux services publics, remise en cause des capacités des Etats à agir au nom de la lutte contre la dette, destruction des systèmes de solidarité et des conquis sociaux, dérives autoritaires de nos régimes politiques, remise en cause des habitats naturels des animaux sauvages, réchauffement climatique et destruction de la biodiversité….

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à la une

Cela fait plus de deux semaines que les étudiant.e.s de l’Université de Besançon sont en lutte contre la loi Vidal de réforme d’accès à l’enseignement supérieur, dite aussi loi ORE « d’orientation et réussite des étudiants », qu’ils et elles sont en lutte contre le nouveau système d’admission post bac Parcoursup, et la mise en place d’une sélection à l’entrée à l’Université.

Ce mercredi 14 février, ils et elles ont décidé et mis en place le blocage de la Faculté SLHS, Sciences du Langage de l'Homme et de la Société, rue Mégevand.

Pourquoi le blocus ? H, étudiant en Histoire explique : « pendant 2 semaines on a tracté, affiché tant et tant, on avait l’impression de brasser de l’air, on a voulu un éveil des consciences, faire réagir les étudiants et le personnel d’éducation. Mardi à midi on a décidé le blocage. On a bloqué la fac dans la nuit de mardi à mercredi tout en laissant une entrée à Chifflet… On a invité les étudiant.es à rentrer nous rejoindre amphi Donzelot à 10h pour une réunion d’information sur la loi et le pourquoi du blocage… Entre le 14 et le 15 sur les discussions, on a eu plus de 150 personnes sur les 2 jours à chaque fois, donc une certaine réussite »

Un an plus tôt, le 14 février 2017, 19 étudiantes et étudiants (les 19 de la Saint Valentin) étaient arrêté.e.s par la police après avoir envahi pacifiquement un conseil d’administration pour protester contre la sélection en master. Gardé.e.s à vue pour certains jusqu’à 48h..
« Ça faisait une date anniversaire, un écho à la lutte de l’année dernière où les étudiants s’étaient battu contre la sélection en master, et aujourd’hui on en est à la sélection en licence, donc il y a une continuité... »

L’AG du jeudi 15 février a décidé de rouvrir la fac, et donc lever le blocus, pour permettre les échanges avec l’ensemble des étudiant.e.s, dont les non mobilisé.e.s jusqu’à présent. Et élargir ainsi le mouvement.
Le même jour la loi Vidal était adoptée à l’Assemblée, donnant (seulement à ce moment) un cadre légal à Parcoursup, avec deux amendements de "dernière minute".
En plus d'instaurer la sélection à l'entrée en fac, la loi adoptée prévoit que le nombre de places ouvertes dans les filières sera limité par le "taux de réussite et d'insertion professionnelle des étudiants". Cet amendement a été porté par M. Jacques Grosperrin, sénateur LR du Doubs. Un autre amendement, gouvernemental cette fois, empêchera les candidats d'obtenir communication de l'algorithme utilisé par Parcoursup.1

Ces derniers coups portés au libre accès des étudiant.e.s à la filière universitaire de leur choix justifie pleinement l’occupation sine die de l’amphi Donzelot décidée par le mouvement, occupation qui doit permettre d’avoir un lieu pour discuter, s’organiser et faire de cet amphi la base arrière d’une série de cours libres/projections/ateliers…
« On reprend le mouvement à la rentrée lundi 26 février à 8h dans l’amphi Donzelot, et on appelle à une AG le mardi à midi… Venez nombreuses et nombreux pour partager vos idées, vos opinions ou même vous informer de l’avancement de la réforme et de la mobilisation nationale, et trouver ensemble les modes d’action futurs »
La rentrée s’annonce donc chaude à l’Université de Besançon et partout en France.

Pour suivre le mouvement : https://www.facebook.com/assembleegeneraleUFC

Claire Arnoux

 

 

3,2

LE CHIFFRE DU MOIS

En France, en 2017, les émissions de CO2 ont augmenté de 3,2 % alors que l'augmentation moyenne en Europe n'était que de 1,8 %. Principale cause : les épisodes de sécheresse ont restreint la part des barrages hydroélectriques et du nucléaire (faute d'eau pour les refroidir) dans la production d'électricité au profit des centrales thermiques (gaz, charbon ...).