l'édito

Perte de confiance envers la parole d’autorité, hystérisation des débats, stratégie de division, démocratie confinée avec un Parlement rendu impuissant, libertés publiques malmenées, tels sont les tenants et conséquences de la politique sanitaire menée par le gouvernement depuis plus de 18 mois.

Suite aux annonces du 12 juillet d’Emmanuel Macron, une nouvelle vague populaire s’est constituée dans le pays. Le pass sanitaire est entrée dans nos vies. Une entrée qui ne pouvait être discrète au regard tant des enjeux, sanitaires, démocratiques mais aussi sociaux, que de l’imaginaire qu’il véhicule. Un nouveau terme dans le dictionnaire Covid, dont la langue ne cesse de se développer et d’envahir nos échanges depuis mars 2020. Une langue vide de mesures d’anticipation, illustrant des choix politiques de gestion de crise dans la continuité des politiques néolibérales qui en saccageant services publics, système de solidarité et écosystème sont les principales, si ce n’est les causes ultimes, de la crise.

S’adapter plutôt que changer. Et si possible s’adapter sur le dos des citoyen.nes déjà bien éprouvé.es : après avoir supporté le démantèlement de l’hôpital public, c’est encore le citoyen que l’on culpabilise, renvoyant la gestion de la crise à sa responsabilité individuelle. Quant à la démocratie en pandémie, elle serait un fardeau, débattre de cette stratégie ou marquer son opposition semble presque impossible sans subir une leçon de civisme ou un procès en complotisme.

Pourtant la saturation de notre système de santé était prévisible. Les soignant.es tirent la sonnette d’alarme depuis de nombreuses années. Mais la même logique perdure. Des lits ont continué de fermer dans nos hôpitaux, aucun mea-culpa gouvernemental, ordres et contre ordres, zéro anticipation et court termisme à tous les étages. Où sont les mesures techniques et logistiques concrètes pour combattre la contamination ? Où sont les purificateurs d’air ? Les masques FFP2 pour les personnes âgées ou à risque ? Où sont les modalités de mise en œuvre d’une société de roulement ? Qu’en est-il de la levée des brevets et de la mise en œuvre d’une politique vaccinale mondiale ?

Les conséquences sanitaires et sociales en sont dramatiques. Elles le sont aussi pour le climat qui règne dans le pays. Défiance face aux gouvernants, rationalité scientifique détruite du fait de cette méfiance forment le terreau des complotistes, charlatans et autres conspirationnistes. La division entre classes populaires moins vaccinées et le reste de la société faisant quant à elle, le jeu des agitateurs de haine et de peur aux idées nauséabondes.

La stratégie de division d’Emmanuel Macron marche à plein régime : son électorat majoritairement aisé et vacciné se voit rassuré par l’instauration du pass sanitaire, tandis que la mesure sème le trouble chez les opposants au gouvernement. Pendant ce temps, celui-ci continue de dérouler son agenda politique ressortant la réforme des retraites de ses cartons et confirmant sa réforme inique de l’assurance chômage. Nous assistons à un phénomène politique fondamental. Les forces de gauche politiques et syndicales ont une mission historique. Celle de bien prendre la mesure de ce qu’il est en train de se jouer dans le pays. Le changement climatique est commencé, l’ère des pandémies est devant nous. Plus que jamais nous avons besoin de délibération collective, d’un État de droit, de justice et de construire une société de l’entre-aide.

Séverine Véziès

 

 

Abonnez-vous

Chère lectrice, chère lecteur,
Les équipes du Journal de l'insoumission travaillent d'arrache-pied pour vous offrir un magazine trimestriel et un site internet de qualité pour informer et participer d'une culture de l'insoumission. Nous améliorons sans cesse notre formule et nos thématiques : politique, climat, économie, social, société, international. Nous traitons de nombreux sujets avec sérieux et sous de nombreux formats : interviews, analyses, reportages, recettes de cuisine etc. Nous participons aussi à un nouveau média insoumis en ligne Linsoumission.fr. Le Journal de l'insoumission en devient le pendant en format papier et magazine. Les médias insoumis se fédèrent et s'entraident pour affronter la période et les échéances à venir.

Notre objectif est la vente en kiosque dans toute la France métropolitaine et d'outre-mers. Pour ce faire, nous avons plus que jamais besoin de vous. L’abonnement et les ventes sont actuellement notre seule source de financement.

Aidez-nous dans cette aventure. Soutenez le Journal de l’insoumission. Abonnez-vous.

Pour suivre les actualités du JI, abonnez-vous à notre newsletter. C'est gratuit.