l'édito

2020 fut l’année de la pandémie du coronavirus. Une année de souffrances, de deuils, de restrictions, de confinements, de frustrations, qui se poursuivront sûrement en 2021. Ce fut l’année de la mise en lumière des mensonges du gouvernement, des errements de sa stratégie pour affronter la maladie. Ce fut aussi l’année des applaudissements des soignants, l’année où l’on a esquissé un monde d’après, écologique et social.

2020 fut l’année (l’hiver devrait-on dire) de la plus grande grève de l’histoire contemporaine en France, contre la réforme des retraites. Ce fut l’année de la « visibilisation » des violences policières à l’encontre des manifestants, des personnes racisées. 2020 fut l’année qui montra le délabrement de l’hôpital public et le mouvement social continu depuis trois ans des travailleurs hospitaliers. 2020 fut l’année de la mobilisation contre la proposition de loi sécurité globale, mais aussi la dégradation des libertés publiques. Ce fut l’année d’une grande mobilisation pour la laïcité et contre l’obscurantisme après l’assassinat de Samuel Paty. 2020 fut l’année de la plus grande récession de l’histoire contemporaine.

A l’international, 2020 fut l’année de deux révolutions, au Liban et en Algérie, stoppées par la pandémie. Ce fut l’année de l’élection de Joe Biden à la Maison blanche et de l’enracinement du courant socialiste aux Etats-Unis. 2020 fut l’année de la plus grande grève de l’histoire en Inde contre avec 250 millions de travailleurs contre les réformes libérales du gouvernement Modi.

Malgré les difficultés à se mobiliser, 2020 fut une année d’insoumissions.

Insoumissions à quoi ? Au virage autoritaire de l’État, aux réformes libérales, aux violences policières, à la stigmatisation des musulmans de France. Insoumissions à la fusion entre le macronisme, la droite et l’extrême droite rendant les partis et médias de gauche et les universitaires responsables des attentats. Des secteurs professionnels entiers, qui n’avaient pas l’habitude se mobiliser, sont entrés dans la lutte : les journalistes. Les salariés ont déjà commencé à lutter contre les fermetures et les délocalisations.

A quoi ressemblera 2021 ? Elle a commencé en Grande Bretagne avec le Brexit et dans la foulée un reconfinement en raison du variant dangereux du covid 19. Elle a commencé en France avec l’échec (un de plus) du lancement de la campagne de vaccination. Elle s’est poursuivie avec une tentative de coup d’État aux Etats-Unis où le président en exercice, Donald Trump, a appelé ses partisans à marcher sur le Capitole (immeuble rassemblant le Sénat et la Chambre des représentants). Bilan : 5 morts, dont un policier, le Capitole saccagé, une nouvelle procédure d’impeachment contre Trump, des poursuites pour sédition et une capitale protégée par 15 000 soldats afin d’assurer la passation de pouvoir du 20 janvier. 2020 fut l’année de l’arrêt de l‘économie, 2021 sera l’année des dégâts et de la grande pauvreté.

L’état de crise est devenu la norme. La crise sanitaire ressemble à une répétition générale des crises du climat à venir. L’extrême droite monte partout, avec la passive complicité des réseaux sociaux, le soutien idéologique de certains médias et grands patrons, le concours financier de certains Etats ou personnalités de pouvoir (que l’on pense au rôle de Steve Bannon sur la coordination des extrêmes droites européennes). La triangulation des partis libéraux et conservateurs qui embrassent les thèmes d’extrême droite pour récupérer leur électorat n’a pour effet que de valider ces idées.

2021 appelle donc à un nouvelle année d’insoumissions.

Pour 2021, la rédaction du journal de l’insoumission n’a qu'un seul vœu : que vive l’insoumission pour une année écologique, solidaire, coopérative et citoyenne ! Notre équipe fera tout pour raconter les insoumissions en France et à l’international. De la lutte personnelle aux révolutions.

Bonne année 2021 à tous et toutes et que vive l'insoumission !

 

 

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