France

Le mardi 12 décembre, le collectif SOLMIRE ainsi que 4 de ses bénévoles étaient convoqués devant le Tribunal de Grande instance de Besançon, suite à l’occupation du local commercial au 26 rue d’Arènes.

Devant l’inaction de la puissance publique qui se doit pourtant d’assurer un hébergement à ces familles durant l’instruction de leur dossier de demande d’asile, devant les fins de non-recevoir de la ville face aux demandes du collectif de fournir un lieu d’accueil que celui-ci s’engageait à gérer, ces citoyen.ne.s solidaires des migrant.e.s ont décidé d’agir en réquisitionnant un local commercial vide depuis plus de deux ans et dénommé le Bol’D’R. Tout un symbole et clin d’œil pour dénoncer l’argument du fameux « appel d’air » redouté par les élu.e.s.

Depuis maintenant deux mois, les bénévoles y assurent des permanences deux fois par jour, 7 jours sur 7, permettant aux familles de venir se réchauffer, se laver, cuisiner, laver leur linge et aux enfants de jouer au chaud… Cette occupation ne s’est pas faite sans démarches précédentes auprès des services de la ville de Besançon et de la Préfecture du Doubs pour qu’une solution soit proposée à ces familles à la rue.

Pourtant il appartient à la ville le pouvoir de réquisitionner… Pourtant ce local est géré par la SAIEMB, bailleur social, dont la ville de Besançon est actionnaire majoritaire et dont la présidente n’est autre que l’adjointe au maire, Mme Poissenot. Chacun.e se réfugie alors derrière la responsabilité de l’autre… en attendant, des familles avec des enfants parfois en bas âge vivent dehors dans des tentes, chauffées par des braséros de fortunes alimentés là aussi par la solidarité des bisontin.e.s.

Le collectif n’en est pas à sa première interpellation de la ville face à la grande précarité dans laquelle se trouve des demandeurs d’asile. Déjà il y a quelques semaines, ses bénévoles se sont retrouvé.e.s place des droits de l’Homme devant l’accueil de la mairie pour demander à ce que l’enlèvement des ordures ménagères de ces familles soit assuré. Face aux demandes du collectif d’obtenir un bail à prix modéré, la réponse reçue fut donc cette assignation devant la justice ce mardi 12 décembre 2017. La SAIEMB y demande l’expulsion du collectif et une demande d’indemnisation au nom des 4 bénévoles présent.e.s au local le jour du constat d’huissier.

Ce mardi 12 décembre, ils étaient nombreu.euse.s les bisontin.e.s à s’être déplacé.e.s pour soutenir le collectif et rappeler aux services de l’Etat, son devoir d’accueil, son devoir d’hospitalité, son devoir d’humanité eu égard au respect du droit d’asile, droit constitutionnel, faut-il le rappeler.

L’audience a été reportée au 9 janvier 2018, d’ici là le collectif espère voir les négociations reprendre et se voir accorder un bail solidaire.

Le collectif appelle les citoyen.ne.s à venir les soutenir lors de cette prochaine audience, mais aussi dans leur action au quotidien.

 

 

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