France

En annonçant la panthéonisation de Simone Veil, Emmanuel Macron a une nouvelle fois recouvert son action contrastée d’un verni médiatique brillant, se présentant ainsi en défenseur de la loi du 17 janvier 1975 dépénalisant l’interruption volontaire de grossesse. Pourtant, cette déclaration ne doit pas nous faire perdre de vu l'appel à la vigilance, lancé par Osez Le Féminisme et le Planning familial au lendemain du 2nd tour de l'élection présidentiel, pour que la défense des droits des femmes soit un fait dans les cinq années à venir.

Et les premiers pas du nouveau président ne sont pas en mesure de nous rassurer. La parité promise n’est qu’un trompe l’œil. L’engagement de confier à des femmes des ministères régaliens n’a pas été tenu : seul le ministère des armées a été confié à Sylvie Goulard. De même, Macron avait annoncé que ce serait une femme qui siégerait au perchoir. Finalement, ce sera l'opportuniste François de Rugi.

Par ailleurs, durant toute sa campagne, le candidat d’En Marche s’est placé dans la continuité des deux quinquennats d’austérité de Sarkozy et de Hollande. Or ce sont les femmes qui sont les premières touchées par cette politique. Les coupures budgétaires ont largement touché les centres IVG, remettant directement en cause le droit à disposer de son corps, ainsi que les associations féministes, qui accompagnent les femmes dans cette démarche.

Aujourd’hui, l’IVG est légal, mais il n’est pas accessible par toutes, et il n’est pas encore socialement accepté. C’est pourquoi, nous devons mener ce combat symbolique pour rendre l’IVG socialement acceptable. Il faut redonner les moyens aux associations d’aide et d’écoute, organiser une campagne nationale sur l’Avortement, et surtout constitutionnaliser ce droit afin qu’il ne soit jamais remit en cause. Il faut également permettre un accès à l’avortement dans les faits, en ouvrant dans chaque hôpital un centre IVG. A ces seules conditions, l’héritage de Simone Veil vivra.

Boris Morenas

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