France

Nous avons appris avec colère et tristesse la volonté de General Electric de supprimer de nouveaux des emplois en France, dans la filière énergies renouvelables.
A Belfort, ce serait le service et les 89 emplois de la filière hydroélectricité, avec la fabrication d’alternateurs, qui serait ainsi supprimés – avec licenciements à la clé.

Ces annonces prennent place dans un contexte national et international qui les rend particulièrement ignominieuses. Que ce soit parce que le réchauffement climatique, de plus en plus visible, nous impose de développer les énergies renouvelables massivement et sur l’ensemble des territoires, ou parce que le Covid-19 a entraîné partout des difficultés économiques pour les économies nationales certes, mais aussi dans la vie des plus précaires et des salarié·es/ouvrièr·es. Sans oublier le fait que la crise sanitaire a mis un peu plus en exergue la nécessaire relocalisation industrielle et de reconquête de notre souveraineté.

Refaire toute l’histoire de ce désastre industriel et de cette trahison politique qu’est l’abandon d’Alstom serait trop long ici. Rappelons tout de même que :

  • La vente d’Alstom à General Electric s’est faite en 2014 sous l’autorité d’Emmanuel Macron alors ministre de l’économie de François Hollande dans des conditions douteuses.
  • Alors que General Electric s’était engagé lors de cette vente à créer 1000 emplois en France, il a dans les faits, engagé des plans de licenciements.
  • Suite aux mobilisations massives de 2019, auxquelles avaient participé Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise, des accords permettant de réduire la casse sociale, mais sans l’empêcher complètement, avaient vu le jour. Accords que General Electric ne respecte même pas.
  • En plein pandémie de coronavirus, General Electric continuait son dépeçage d’Alstom et ses licenciements.
  • Cerise sur le gâteau, l’entreprise se débrouille pour se soustraire à la solidarité nationale, en ne payant pas ses impôts en France, et déclare ses profits en Suisse et ses déficits en France. Ainsi, les habitant·es du Grand Belfort verront leurs impôts fonciers augmenter tandis que General Electric se verra attribuer un retour fiscal de 400 000 euros.

Pendant ce temps, le gouvernement d’E. Macron nous inonde de ces éternels discours grandiloquents sur un plan de relance qui n’est ni un plan, ni une relance, parle de planification sans s’en donner les moyens ; la ministre Barbara Pompili nous expliquant que tout cela suivra un « fil vert ».

Dans le cadre de ce plan de relance, justement, la présidente de région Marie-Guite Dufay a fait le 1er septembre des propositions au Président pour développer la filière énergétique hydrogène vert dans la région en citant General Electric – Alstom. Aujourd’hui c’est la filière hydroélectricité qui est démantelée : sinistre réponse à quelques jours près...

La pertinence écologique et économique de développer la filière hydrogène en Bourgogne-Franche-Comté, et en France, le maintien du savoir-faire de Général Electric Belfort pour préparer la bifurcation écologique, la lutte contre l’évasion et l’optimisation fiscale, l’indépendance énergétique…
Tous ces dossiers nécessitent un Etat planificateur et protecteur de ses intérêts stratégiques à long terme. Or, le capitalisme prédateur des General Electric et consorts ne rencontre de la part du Président aucune opposition si ce n’est quelques molles leçons de morale.

Nous adjurons une nouvelle fois le gouvernement, les parlementaires, de tout faire pour sauvegarder les emplois et les filières industrielles nécessaires à la bifurcation écologique. La nationalisation de Général Electric, y compris temporaire, l’implication des ouvrièr·es dans la gestion de leur outil de travail doivent être à l’ordre du jour.

Pour que la planification annoncée ne soit pas qu’une énième coquille vide, il est temps de prendre des mesures fortes.

Gabriel Amard, coordinateur national de l'Espace Élu-es et contre-pouvoirs LFI
Claire Arnoux, Besançon (25)
Sophie Baudry, Dijon (21)
Manuel Bompard, député européen LFI
Florian Chauche, conseiller municipal d'opposition, Belfort (90)
Alexis David, Lons-le-Saunier (39)
Elisabeth Faivre Morel, Echenoz-la-Méline (70)
Marie-Anne Guillemain, Morvan (58)
Arnaud Guvenatam, Dijon, (21)
Gérald Loridat, conseiller municipal d’opposition, Bavilliers (90)
Yves Mestas, Dijon (21)
Bernard Morel, Echenoz-la-Méline (70)
Marc Paulin, Besançon (25)
Anne-Sophie Pelletier, Députée européenne LFI
Sébastien Poyard Vesoul, (70)
Séverine Véziès, Besançon (25)

Crédit photo : florian chauche

 

 

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