France

Personne n’est là pour indiquer un cheminement de pensée, mais la présence d’un ministre écolo-compatible, pose question dans un gouvernement aux allures libérales, bancaires, et pro-entreprises. Que pensez de Nicolas Hulot et de son action au gouvernement ?

Incontestablement, Nicolas Hulot est l’écologiste le plus connu de France. Aujourd’hui, il commence une carrière plus politique, choix visiblement mûrement réfléchi, mais dont les débuts ne donnaient pas à voir un sens politique aguerri. C’est en tout cas ce que témoigne sa défaite face à Eva Joly en 2012, dans une élection prétendue imperdable, pour l’ancien présentateur d’Ushuaia.

Pour autant, alors que rien ne le rapprochait d’Emmanuel Macron, et alors que des sympathies avaient été adressées à Benoît Hamon et Jean Luc Mélenchon, Nicolas Hulot, décidément abonné aux surprises, profita d’une belle promotion, occupant désormais la place de « Ministre de la transition écologique et solidaire ».

Son action depuis quelques semaines pose question, dans un gouvernement qui semble contraire aux avancées écologistes. En effet, alors que la question du nucléaire ne semblait pas être tranchée dans le programme d’Emmanuel Macron, voilà sortir du bois une belle promesse de fermeture de 17 réacteurs nucléaires de la part du tout jeune ministre. Quelques jours plus tard, alors que le président de la République entrait en connivence avec certains grands patrons du secteur pétrolier, Nicolas Hulot affirme que « d’ici 2040, la vente de voiture diesel et essence sera stoppée ». Il serait utile aussi de se remémorer cette autorisation pour certaines entreprises de la part d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, d’obtenir des permis de recherche concernant le gaz et le pétrole de schiste. Pour autant, Nicolas Hulot s’exclame aujourd’hui « qu’il a une foi totale dans les énergies renouvelables ».

Double discours ? Effet d’annonce ? Pression lobbyiste ? Communication à double sens ?

Personne ne peut aujourd’hui répondre à ces questions. Une chose est sure, Nicolas Hulot a choisi l’action, à l’instar de Stern : « Le coût de l’action est inférieur au coût de l’inaction ». Les actes immédiats et concrets tardent pour autant à apparaître, ne laissant pour l’instant place qu’à des annonces de long terme, dont un hypothétique gouvernement climato-sceptique aura jouissance un jour de déconstruire.

Cette action suscite un certain enthousiasme muet, comme si chacun au fond de soi même avait déjà conscience du péril d’un tel pari. Certains couacs apparaissent alors, comme cet article sur la « machine à cash de Nicolas Hulot » (NDLR : Ushuaia), ou encore l’absence de réponse significative sur un dossier pourtant brûlant : l’A45, vaste projet inutile et imposable, au coût d’un milliard d’euros, au bénéfice de Vinci (« Nicolas Hulot veut se faire sa propre opinion sur l’A45 »). Les projets CETA et JEFTA restent également d’actualité, et la norme européenne sur les perturbateurs endocriniens, donne l’impression d’un laissé aller dangereux. L’enquête concernant 3 produits Ushuaïa, qui contiendraient des perturbateurs endocriniens fragilise encore plus le ministre, sans compter les dénonciations perpétuelles de copinages envers les grandes industries, qui financent la fondation Nicolas Hulot.

Pour autant, malgré le doute, les propositions concrètes quant à l’écologie sont sur la table : la cantine 100 % bio, l’économie circulaire, les circuits courts, l’investissement dans la planification écologique, le 100 % d’énergies renouvelables en 2050.

Certes le chouette Hulot est sorti du bois. Il faudra simplement faire attention de ne pas ululer avec les loups, sous peine d’en devenir un.

Sylvain Begon - 20 ans Etudiant en Science Politique - Président des Eco-Citoyens

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