France

Il étaient encore nombreux les bisontin.e.s ce matin devant le TGI pour venir soutenir le collectif et 4 de ses bénévoles. Depuis octobre 2017 et devant l’inaction des services de la ville et de la Préfecture, le collectif a réquisitionné un local commercial pour créer un accueil de jour pour les migrant.e.s à la rue.

Baptisé le Bol’d’R et situé au 26 rue d’Arènes à Besançon, ce local appartient à la SAIEMB, bailleur social dont la ville est actionnaire majoritaire. Pour toute réponse aux interpellations successives adressées par le collectif à la ville, celui-ci n’a reçu que cette assignation en justice en vue de l’expulsion du local.

Ce matin, il s’agissait de la troisième audience après deux reports demandés en décembre et janvier par les parties. Le collectif espérait beaucoup réussir à renouer le dialogue avec la SAIEMB et la ville, afin de trouver une solution pour que le collectif puisse continuer à remplir sa mission. Le collectif ne cesse de démontrer les manquements des institutions publiques et structures dédiées dans l’accueil des migrant.e.s à Besançon. Des familles à la rue, des délais de convocation à la préfecture interminables, le Bol’d’R permet à ces familles de venir se réchauffer, se faire à manger, se laver… Le soir venu, ces familles se retrouvent sur le parking d’Arènes où le collectif leur fournit tentes, réchauds, couvertures. Alors oui, ces derniers jours, il y a bien eu le plan grand froid… Mais depuis hier soir, il semblerait que les températures ne soient plus suffisamment basses pour justifier l’hébergement de ces familles. Depuis hier soir, le campement a repris son activité. Des familles, des enfants, à la rue dans le froid. M. Fousseret, maire de Besançon, a beau répondre au collectif que les capacités d’accueil sont suffisantes et que dans le cas contraire, il ne manquera pas de le signaler à la préfecture, les faits parlent d’eux-mêmes. Le collectif interpelle M. Fousseret en ces termes : « Comment pouvez-vous afficher un tel déni face à cette situation ? »

Ce matin, cela devait être la dernière audience et contre toute attente la SAIEMB a demandé un nouveau report d’audience. Les membres du collectif souhaitent y voir une ouverture à la discussion. Rappelons que leur demande n’est autre que de bénéficier régulièrement d’un bail afin de poursuivre leur mission citoyenne.

Quand des citoyen.ne.s se mobilisent pour pallier les manquements de nos institutions, nous ne pouvons que souhaiter que ces mêmes institutions les soutiennent au lieu de les poursuivre en justice. Ce matin, les citoyen.ne.s bisontin.e.s ne s’y sont pas trompé.e.s, ils sont venus pour la troisième fois montrer leur soutien au collectif.