Europe

Courant septembre, nous apprenions avec stupeur que Margaritis Schinas, en tant que commissaire pour "la protection de notre mode de vie européen", serait chargé des questions de marché du travail, migrations et de sécurité dans l’Union européenne.

Lier questions migratoires, sécurité et préservation d’un mode de vie, fait partie de l’arsenal rhétorique classique de l’extrême-droite. La pensée nationaliste conçoit la nation comme un peuple homogène, vivant sur un territoire donné, et doté d’une « civilisation » figée dans le temps. Dans cette vision réactionnaire, tout débat interne est ferment de subversion, toute évolution est une remise en cause du passé, et toute « intrusion » de personnes étrangères sur le territoire est menaçante. Comment en effet, pour ces réactionnaires, des étrangers pourraient-ils s’assimiler complètement à une civilisation ancienne et non évolutive, comment seraient-ils capables de se dépouiller de tout ce qui fait leur identité culturelle antérieure pour se fondre dans la « nation éternelle et homogène » ?

Il est très inquiétant de voir l’Union Européenne adopter cet intitulé fascisant pour un commissaire chargé des migrations. Nous rappelons que notre premier devoir en tant qu’être humain est de tendre la main à nos frères et sœurs en exil forcé. Et que s’il y a un « mode de vie » à préserver c’est celui de la liberté, de l’égalité et de la fraternité et sororité.