école du jardin planétaire

Avez-vous pris le temps de m’observer ? Je travaille dur pour la colonie dont je fais partie. J’habite dans une fourmilière. Il ne faut pas imaginer que toutes les fourmis sont comme moi.

En effet on compte 12 000 espèces sur terre, et il en reste encore vraisemblablement des milliers à découvrir. J’ai colonisé toutes les régions terrestres, hormis le Groenland et l’Antarctique. Je vis assez longtemps, ce qui est étonnant pour une petite bête comme moi. En laboratoire on a même vu une de mes congénères vivre jusqu’à 28 ans ! Avant d’avoir ma forme adulte définitive je passe par trois phases : œuf, larve, nymphe, puis adulte. Ma métamorphose est donc complète. Certaines d’entre nous sont capables de fabriquer des ponts ou des radeaux pour passer des obstacles. Nous communiquons grâce à des phéromones que nous captons avec nos antennes. C’est très utile pour prévenir les autres fourmis d’un danger. Je peux par exemple envoyer un signal aux autres quand je me fais attaquer ou pire quand je me fais écraser. Pour nous nourrir nous pouvons élever des pucerons qui produisent du miellat dont nous sommes très friandes. Nous les protégeons de leurs prédateurs, et nous les nourrissons. D’autres font la même chose avec nous. Par exemple, le merisier attire les fourmis pour qu’elles le débarrassent des autres insectes qui le parasite. Infatigables travailleuses, nous participons au nettoyage de la nature. Il faut imaginer que 90 % des cadavres d’insectes finissent dans une fourmilière, ce n’est pas rien !

Fabien Negrello
Photo: Amandine Chabot