Climat à la loupe

En France 4 000 feux partent chaque année. Une moyenne de 24 000 ha brûlés. L'année 2017 se distingue de façon dramatique.

Dans un article de Science et Avenir, Eric Maillé ingénieur à l’Irstea, explique que l’humain est en cause dans 90% des cas, que cela soit criminel ou pure négligence. Mais quid de la responsabilité des politiques publiques ? Le réchauffement climatique ne serait-il pas le grand responsable de ces incendies ?

D’après un article paru dans la revue européenne de Géographie, publié par E. Garbolino, les travaux scientifiques menés par le GIEC (2014) montrent que les espèces capables de résister aux déficits en eau ou nécessitant une température élevée pour vivre pourraient coloniser dans les années à venir des territoires plus larges. Ces espèces sont celles impliquées dans les incendies de forêt en Europe.

Les chercheurs de chez Météo France s’accordent à dire que le changement climatique entraîne une augmentation du danger météorologique de feux de forêts. Ils ont étudié l’évolution de cet aléa sur le siècle passé et ont travaillé sur des prédictions pour les années à venir : le danger augmente depuis les années 1960. L’augmentation des températures moyennes en France favorise la diminution des quantités d’eau contenues dans les sols ; la végétation s’assèche alors et le risque de départ de feu est plus fort. Sur certaines régions, le changement climatique devrait également entraîner une baisse de la pluviométrie, aggravant le phénomène.

Mais pourquoi observe-t-on une baisse des feux en France ?

Les superficies moyennes des feux de forêt ont diminué lors des dernières décennies grâce à l'amélioration des moyens de lutte et des moyens de prévention contre les incendies.

Dans les pays où ces moyens de lutte ont peu évolué, le signal climatique est plus marqué.
Les chercheurs utilisent un indice représentatif du danger météorologique associé aux feux de forêts : l'indice forêt météo (IFM).

Cet indice est calculé à partir de la température, l’humidité de l'air, la vitesse du vent et les précipitations. Ces données alimentent un modèle numérique qui simule l'état hydrique de la végétation et le danger météorologique d'incendie qui en découle.

Les chercheurs ont suivi l'évolution de l'IFM de 1958 à l'horizon 2100. Les simulations montrent une augmentation constante de la fréquence des jours présentant un danger de feux de forêts, ainsi qu'un allongement de la saison propice aux incendies.

La valeur moyenne de l'IFM a augmenté de 18 % lors des 30 dernières années. À l'horizon 2040, l'IFM moyen devrait progresser de 30 %. Certaines simulations montrent que cette augmentation pourrait atteindre jusqu'à 75 % d'ici 2060. À cette échéance, une année comme 2003 deviendrait ainsi la norme en matière de feux de forêts.

La question qui reste en suspens maintenant est la suivante : doit-on culpabiliser les citoyens à chaque problème environnemental ? Il est plutôt évident que l’éducation sur le risque d’un mégot jeté doit continuer.

Mais les études récentes prouvent que malgré les méthodes de lutte et de prévention, le risque augmente. Le dérèglement climatique est à l’origine de bien des catastrophes et nos dirigeants sont responsables d’un laissé aller total sur cette question. M. Macron promettait, il y a peu, de montrer à M. Trump comment la France allait tenir les engagements de la COP21.

Mais rien n’est fait M. Macron, les finances allouées à l’environnement diminuent, les collectivités territoriales n’en font plus une priorité car elles ne s’en sortent plus. On observe une déliquescence des structures qui luttent pour la protection de la nature ; vous en êtes responsable.

Elise BALLET

 

 

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