Cinéma & graines d’insoumis

Comment donner corps à ce slogan qui tente la synthèse des mobilisations des gilets jaunes et des marches pour le climat : « fin du monde, fin du mois, même combat. » ? Penser une écologie populaire implique de mobiliser tous les sens de l’expression : favorable au peuple, désiré par le peuple, orchestré par le peuple. Beau projet !

Une série de mots clés balisent ce livre : « effondrement, populaire, désobéissance, ruptures, sobriété, réseaux, entraide, frontières, patriotisme, république ». Ils exposent l’état de la crise, les enjeux pour les classes populaires et les impasses d’un système capitaliste et productiviste qui pollue tout à la fois la planète, nos vies et même nos imaginaires par la publicité. Il s’agit ici de renouer avec les démarches révolutionnaires qui ont fondé les principes républicains. On ne trouvera donc ni une écologie de confort, ni une écologie des petits gestes, ni une écologie de renoncements et de culpabilisation. Tout au contraire, nous attendons une écologie de lutte des classes.

Toute lutte politique passe par une prise de conscience partagée. La crise écologique est là : ce que nous avons à faire, c’est d’en limiter les dégâts pour la faune, la flore et les populations les plus fragiles. Les causes réelles sont systémiques et sociales. Le capitalisme invite à une croissance infinie dans un monde aux ressources finies, c’est une contradiction impossible. Les plus riches polluent davantage que les plus pauvres et seront les moins impactés par la crise, c’est une contradiction injustifiable. L’écologie est intrinsèquement populaire, car elle servira les intérêts du plus grand nombre.

Pour que l’écologie devienne populaire, c’est-à-dire désirable il faut jouer avec les affects – nouvelle application des théories spinozistes mises au goût du jour par F. Lordon. En premier lieu en refusant les passions tristes, qui nous condamnent à l’inaction ou au remords. En combattant les illusions, celles qui croient possible un même élan en avant sans remettre profondément en cause le libéralisme.

Comment penser les alternatives ? On ne rendra pas l’écologie populaire en commençant par interdire : bien souvent l’écologie n’est pas la peine mais la solution. Dès lors cet ouvrage revisite les thématiques républicaines car l’écologie doit mettre le peuple au cœur des actions. La souveraineté populaire permet de définir le nouveau contrat social comme contrat écologique. L’égalité d’accès aux besoins fondamentaux, la mise en réseau pour assurer l’entraide, semblent des nécessités que seule l’approche écologique permet. Sauver la diversité ne restreint pas notre consommation, mais la rend possible. De nouveaux jours heureux s’annoncent.

Benoît Schneckenburger

L'écologie populaire,
Manon DERVIN, février 2020, éditions 2031
Disponible sur www.editions2031.fr

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